Un professore di francese smaschera i suoi alunni sul web!

Triche : un prof de français piège ses élèves sur le net

Mots clés : 

Par Marie-Estelle PechMis à jour le 23/03/2012 à 17:57 | publié le 23/03/2012 à 15:15 Réactions (46)
  •  Le copier-coller, ce type de plagiat qui consiste à prélever, sur Internet, des textes complets et à les intégrer dans des travaux scolaires ou universitaires sans mentionner la source est devenu préoccupant.
Âgé de 36 ans, «Loys Bonod», professeur certifié de lettres classiques dans un lycée parisien a décidé de piéger ses élèves en «pourrissant le web». Son témoignage, très détaillé, a été publié par Rue89. Il commence par exhumer de sa bibliothèque un poème baroque du XVIIe siècle, introuvable ou presque sur le web. L’auteur en est Charles de Vion d’Alibray. Il commence par modifier la notice biographique de Wikipédia consacrée à l’auteur. Sur différents forums, il se fait passer pour un érudit en donnant des réponses «en apparence savantes et bien renseignées, mais en réalité totalement ineptes, du type interprétation christique tirée par les cheveux».

Sur 65 élèves, 51 ont recopié ce qu’ils trouvaient sur Internet

Enfin, il écrit un «commentaire absurde» avec des erreurs et fautes d’orthographe et le propose à deux sites proposant des corrigés de commentaires et de dissertations payants. À la rentrée, il accueille ses deux classes de première en leur donnant deux semaines pour commenter ce poème à la maison et en leur indiquant la méthodologie à suivre. Deux semaines plus tard il ramasse les commentaires et grâce aux différents marqueurs méticuleusement répartis sur le web, il a pu facilement recenser quels sites avaient été visités par quels élèves et recopiés dans quelle proportion. Sur 65 élèves de 1ère, 51 élèves -soit plus des trois-quarts- ont recopié à des degrés divers ce qu’ils trouvaient sur Internet, «sans recouper ou vérifier les informations ou réfléchir un tant soit peu aux éléments d’analyses trouvés, croyaient-ils, au hasard du net.»

«J’ai rendu les copies corrigées, mais non notées bien évidemment -le but n’étant pas de les punir-, en dévoilant progressivement aux élèves de quelle supercherie ils avaient été victimes. Ce fut un grand moment: après quelques instants de stupeur et d’incompréhension, ils ont ri et applaudi de bon cœur. Mais ils ont ensuite rougi quand j’ai rendu les copies en les commentant individuellement…». La morale de l’histoire selon cet enseignant: «Je ne crois pas du tout à une moralisation possible du numérique à l’école. Et je défends ce paradoxe: on ne profite vraiment du numérique que quand on a formé son esprit sans lui».

Le plagiat, courant pour les devoirs maison

Pour les enseignants, ce témoignage n’a rien d’étonnant. Le copier-coller, ce type de plagiat qui consiste à prélever, sur Internet, des textes complets, des phrases et à les intégrer dans des travaux scolaires ou universitaires sans mentionner la source est devenu préoccupant, comme je l’ai récemment souligné dans une enquête publiée chez l’Éditeur. C’est une fraude classique pour les travaux à la maison, remis en cours d’année, que ce soit dans l’enseignement secondaire ou supérieur. Dans ce lycée privé du le Quartier latin, à Paris, le professeur d’économie se désespère: «Lorsque je leur demande de faire un travail de réflexion, les élèves s’empressent de recopier l’encyclopédie Wikipédia sur Internet. Ils plagient, sans même recouper leurs informations».

L’essor d’une véritable école de la triche, aidée d’Internet n’est pas un vain mot. Certains élèves «recopient intégralement un blog, un site Internet et surtout Wikipédia, qui est devenu la référence par excellence. L’idée d’ouvrir un livre ne leur vient quasiment jamais à l’esprit», déplore Françoise Gonzales, professeur de lettres au Mans (Sarthe). «Les parents aussi utilisent Wikipédia!», lui répondent, narquois, ses élèves de seconde et de 1ère. La prestation orale de l’élève qui présente ses travaux devant la classe «permet toutefois de détecter les plagiaires», nuance l’enseignante. Mais de fait, le copié collé «tant qu’il n’est pas trop pressant» est souvent considéré comme «acceptable» reconnaissent certains enseignants mezza voce. «Je valorise l’effort de documentation», explique l’une d’elle, «nous savons bien, qu’à cet âge-là, il est très difficile de produire une réflexion originale. Ces travaux leur apprennent surtout à avoir un esprit de synthèse». Il n’empêche. «Lorsque je lis de la part d’un élève qui n’achève jamais ses lectures que le mal du siècle et les formes prises par la rêverie romantique sont vite devenus, par le foisonnement poétique et romanesque auquel ils ont donné lieu, de véritables stéréotypes, je me pose des questions», s’amuse Jean-Louis F., professeur de lettres dans La Marne.

97% des étudiants se documente en ligne

En raison de l’utilisation croissante d’Internet, «nous rencontrons de plus en plus de cas de ‘plagiats’ dans différents types d’épreuves», reconnaît l’université Nancy-II qui précise que les risques de se faire repérer en plagiant sont «très élevés». Pour les «rares» cas non détectés à l’œil, l’université possède désormais un logiciel anti-plagiat. C’est l’une des raisons «pour lesquelles on insiste sur une version électronique de tout travail fait à la maison, qu’il s’agisse d’un devoir, d’un dossier, d’un rapport de recherche, d’un mémoire», détaille-t-elle.

Une étude conduite en France fin 2005 sur 1200 étudiants du supérieur montre que 97,6% disent se documenter en ligne, quand un sur deux seulement affirme fréquenter les bibliothèques. Le fait est que de la recherche d’informations au plagiat pur et simple, la frontière est désormais ténue: il suffit d’un copier-coller. Deux clics, et le tour est joué. Désormais, les étudiants trouvent facilement sur internet les fiches de lecture qui leur sont demandées. Et les citations en copié collé sans guillemets de travaux disponibles en ligne se multiplient dans leurs devoirs. L’équipement informatique des professeurs contre cette fabrique de fausse monnaie est peu développé, mais leur préoccupation est forte sur le sujet

Des logiciels anti-plagiat à l’intérêt limité

Il n’existe pas de solution technique miracle pour lutter contre cette forme de triche. Les logiciels anti-plagiat ont un intérêt limité. Le brouillage des salles d’examens pourrait être envisagé mais serait coûteux à mettre en place.

Des professeurs de l’université de Cergy-Pontoise ont ainsi récemment mis des codes-barres sur les feuilles de brouillon distribuées pendant les examens pour vérifier que ceux-ci n’arrivent avec leurs antisèches.

Surveillants et correcteurs devraient être formés à la triche pendant les épreuves et à la triche sur internet. La prévention est essentielle. C’est en diffusant aux étudiants des documents explicites relatifs à la fraude, son sens, ses risques que l’on minimise les risques. Les contrats anti-plagiat existant aujourd’hui dans les grandes écoles et les universités ne sont pas la panacée mais sont intéressant.

Sans doute, collèges et lycées pourraient-t-il aussi s’en inspirer. Rares sont ceux qui évoquent la question de la triche ou du plagiat dans leurs règlements. Des évaluation différentes peuvent aussi dissuader la fraude: Les travaux faisant appel davantage à la réflexion qu’au par cœur, les études de cas, les travaux sur documents. Pour l’inspection générale, les modalités de déroulement de certaines épreuves doivent par ailleurs être modifiées chaque fois qu’elles ne protègent pas suffisamment les candidats: c’est le cas de certaines épreuves collectives dont l’authenticité devrait être mieux vérifiée, et des épreuves orales qui ne devraient plus être organisées sous forme de tête à tête entre un candidat et un examinateur unique, ni sans réglementation écrite des modalités de préparation.

 

VOS TÉMOIGNAGES – Comment faites-vous pour éviter que vos élèves trichent sur Internet? Comment repérez-vous le plagiat? Comment sensibiliser les élèves à ce sujet? Votre établissement a-t-il pris des mesures particulières? Faites-nous part de votre expérience dans les commentaires ci-dessous ou par email à temoin@lefigaro.fr.

 

Lascia un commento

Inserisci i tuoi dati qui sotto o clicca su un'icona per effettuare l'accesso:

Logo WordPress.com

Stai commentando usando il tuo account WordPress.com. Chiudi sessione / Modifica )

Foto Twitter

Stai commentando usando il tuo account Twitter. Chiudi sessione / Modifica )

Foto di Facebook

Stai commentando usando il tuo account Facebook. Chiudi sessione / Modifica )

Google+ photo

Stai commentando usando il tuo account Google+. Chiudi sessione / Modifica )

Connessione a %s...