Le possibili scuse di chi non fa i compiti … secondo Pennac

Le possibili scuse di chi non fa i compiti, secondo Daniel Pennac:

prof: “io non ho fatto i miei esercizi perché ho trascorso buona parte della notte  in parte nel cyber spazio a combattere contro i soldati del male, che, alla fine, ho sconfitto fino all’ultimo” … oppure: … “sono desolato per gli esercizi non svolti, ma ieri sera sono stato schiacciato dal peso di una opprimente ebetudine ….”, o, ancora,: … “ho dimenticato il mio quaderno a casa di …, prima di ritirarmi”. O, ancora, … “ero occupato a leggere la traccia, quando è scoppiata la caldaia”… Qui il testo integrale del brano in questione:

Suivons notre mauvais externe dans une de ses journées

scolaires. Exceptionnellement, il n’est pas en retard – son
carnet de correspondance l’a trop souvent rappelé à l’ordre
ces derniers temps -, mais son cartable est presque vide :
livres, cahiers, matériel une fois de plus oubliés (son
professeur de musique écrira joliment sur son bulletin
trimestriel : « Manque de flûte »).
Bien entendu ses devoirs ne sont pas faits. Or sa première
heure est une heure de mathématiques et les exercices de
math sont de ceux qui manquent à l’appel. Ici, de trois
choses l’une : ou il n’a pas fait ces exercices parce qu’il s’est
occupé à autre chose (une vadrouille entre copains, un
quelconque massacre vidéo dans sa chambre verrouillée…),
ou il s’est laissé tomber sur son lit sous le poids d’une
prostration molle et a sombré dans l’oubli, un flot de musique
hurlant dans son crâne, ou – et c’est l’hypothèse la plus
optimiste – il a, pendant une heure ou deux, bravement tenté
de faire ses exercices mais n’y est pas arrivé.
Dans les trois cas de figure, à défaut de copie, notre
externe doit fournir une justification à son professeur. Or,
l’explication la plus difficile à servir en l’occurrence est la
vérité pure et simple : « Monsieur, madame, je n’ai pas fait
mes exercices parce que j’ai passé une bonne partie de la
nuit quelque part dans le cyberespace à combattre les
soldats du Mal, que j’ai d’ailleurs exterminés jusqu’au
dernier, vous pouvez me faire confiance. » « Madame,
monsieur, désolé pour ces exercices non faits mais hier soir
j’ai cédé sous le poids d’une écrasante hébétude, impossible
de remuer le petit doigt, juste la force de chausser mon
baladeur. »
La vérité présente ici l’inconvénient de l’aveu « Je n’ai pas
fait mon travail », qui appelle une sanction immédiate. Notre
externe lui préférera une version institutionnellement plus
présentable. Par exemple : … « J’ai oublié mon devoir chez ….

avant de rentrer …. » En d’autres termes un mensonge. De son côté le
professeur préfère souvent cette vérité aménagée à un aveu
trop abrupt qui l’atteindrait dans son autorité. Le choc frontal
est évité, l’élève et le professeur trouvent leur compte dans
ce pas de deux diplomatique. Pour la note, le tarif est connu :
copie non remise, zéro.
Le cas de l’externe qui a essayé, bravement mais en vain,
de faire son devoir, n’est guère différent. Lui aussi entre en
classe détenteur d’une vérité difficilement recevable : «
Monsieur, j’ai consacré hier deux heures à ne pas faire votre
devoir. Non, non, je n’ai pas fait autre chose, je me suis assis
à ma table de travail, j’ai sorti mon cahier de texte, j’ai lu
l’énoncé et, pendant deux heures, je me suis retrouvé dans un état
de sidération mathématique, une paralysie mentale
dont je ne suis sorti qu’en entendant ma mère m’appeler
pour passer à table. Vous le voyez, je n’ai pas fait votre
devoir, mais j’y ai bel et bien consacré ces deux heures.
Après le dîner il était trop tard, une nouvelle séance de
catalepsie m’attendait : mon exercice d’anglais. » « Si vous
écoutiez davantage en classe, vous comprendriez vos
énoncés ! » peut objecter (à juste titre) le professeur.
Pour éviter cette humiliation publique, notre externe
préférera lui aussi une présentation diplomatique des faits : «
J’étais occupé à lire l’énoncé quand la chaudière a explosé. »
Et ainsi de suite, du matin au soir, de matière en matière,
de professeur en professeur, de jour en jour, dans une
exponentielle du mensonge qui aboutit au fameux « C’est ma
mère !… Elle est morte ! » de François Truffaut.

(Daniel Pennac, “Chagrin d’ éecole”)

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